Communauté CAPS

Les syndromes rares Muckle-Wells, CINCA et l'Urticaire familial au froid constituent les CAPS (Cryopyrin Associated Periodic Syndromes). Voici des témoignages de personnes qui côtoient ces maladies.

CINCA

Ecrit par National Organization for Rare Disorders (NORD), il y a 6 mois

La maladie inflammatoire multisystémique néonatale, ou syndrome chronique, infantile, neurologique, cutané, articulaire (CINCA), est une pathologie systémique inflammatoire congénitale rare caractérisée par une éruption cutanée transitoire avec fièvre, douleurs articulaires et atteinte du système nerveux central. Elle a pour particularité d’apparaître à la naissance ou durant la petite enfance.

Le syndrome CINCA, forme la plus grave des syndromes périodiques associés à la cryopyrine, est souvent provoqué par des mutations du gène CIAS1/NLRP3. Ces syndromes sont caractérisés par une éruption cutanée avec fièvre et douleurs articulaires.

Symptômes

Outre des poussées de fièvre, d’autres manifestations du syndrome CINCA impliquent la peau, le système nerveux central et les articulations. Des éruptions cutanées transitoires surviennent chez tous les malades dans les six premières semaines suivant leur naissance et perdurent tout au long de la vie. L’atteinte du système nerveux central se traduit par une méningite chronique, un retard mental, des crises et un dysfonctionnement des organes des sens, qui entraîne une perte de la vue et de l’audition. Des inflammations articulaires et des déformations articulaires et osseuses varient en gravité. Une hypertrophie rotulienne est également caractéristique du syndrome.

Autres symptômes possibles : retard de croissance, hypertrophie du foie et de la rate, hyperleucocytose, augmentation des protéines amyloïde A et réactive C et de la vitesse de sédimentation globulaire (les analyses de sang mesurant ces augmentations peuvent détecter ou évaluer l’inflammation). Une morphologie faciale anormale est parfois également observée.

Le syndrome CINCA présente des symptômes communs, et ne doit pas être confondu, avec l’arthrite juvénile idiopathique, qui se manifeste aussi par des accès récurrents de fortes fièvres, des douleurs et des déformations articulaires, et des éruptions cutanées. Le syndrome CINCA se distingue cependant par une atteinte de la peau dès la naissance et par la persistance des éruptions cutanées. De plus, les malades ayant ce syndrome souffrent souvent de douleurs articulaires non spécifiques et d’une hypertrophie rotulienne, alors que les personnes atteintes d’arthrite juvénile idiopathique présentent une inflammation des articulations synoviales, à l’épaule ou au genou par exemple, une augmentation du fluide synovial, et des articulations chaudes, enflées et raides.

Le syndrome CINCA s’accompagne de crises fréquentes, presque quotidiennes, qui sont sources d’une grande gène et peuvent s’avérer très débilitantes. Ces crises peuvent nécessiter une assistance médicale. Certains malades se trouvent dans l’incapacité de marcher ou de porter des poids sur leurs jambes en raison des déformations et/ou des douleurs articulaires. La plupart des enfants atteints du syndrome CINCA présentent des déficits cognitifs et mentaux et/ou des difficultés d’apprentissage ainsi qu’une perte de la vue et de l’audition. On constate un taux de mortalité de 20 % avant l’âge adulte.

Causes

Environ 50 à 60 % des personnes atteintes du syndrome CINCA présentent une mutation hétérozygote du gène CIAS1/NLRP3 qui code la protéine cryopyrine (NALP3). D’après les hypothèses formulées, les mutations de ce gène augmenteraient l’activité d’un complexe protéique contenant de la cryopyrine. Ce complexe, connu sous le nom d’inflammasome, régule l’inflammation du corps humain. Une activité accrue de cet inflammasome augmente la sécrétion d’une protéine appelée interleukine (IL) 1ß, à l’origine de symptômes inflammatoires dont la fièvre et les douleurs articulaires.

Populations touchées

Le syndrome CINCA ayant été découvert récemment, l’incidence et la prévalence réelles de cette maladie restent difficiles à déterminer.

Maladies associées

Les maladies présentées ci-après peuvent présenter des symptômes similaires à ceux du syndrome CINCA et le chevauchement phénotypique est important. Des comparaisons peuvent servir à préciser le diagnostic.

Le syndrome familial auto-inflammatoire au froid (SFAF), également connu sous le nom d’urticaire familial au froid, est une maladie inflammatoire héréditaire rare, caractérisée par une éruption cutanée transitoire avec fièvre, douleurs articulaires et autres signes ou symptômes d’inflammation généralisée faisant suite à une exposition au froid. Le SFAF apparaît chez le nouveau-né ou le jeune enfant et persiste tout au long de la vie du patient. Le SFAF fait partie des syndromes périodiques associés à la cryopyrine provoqués par des mutations du gène CIAS1/NLRP3.

Le syndrome de Muckle-Wells fait partie des syndromes périodiques associés à la cryopyrine. Les personnes atteintes souffrent souvent de fièvres, de refroidissements et de douleurs articulaires épisodiques. Ces symptômes sont parfois exacerbés par le froid comme pour le SFAF, mais peuvent avoir d’autres causes, voire survenir sans raison apparente. Dans la plupart des cas, les patients atteints du syndrome de Muckle-Wells connaissent une perte progressive de l’audition. Quelquefois, ils finissent par développer une amylose, maladie caractérisée par l’accumulation anormale de la protéine amyloïde dans les tissus et les organes. Une accumulation d’amyloïde dans les reins provoque une défaillance rénale, souvent irréversible lorsqu’elle n’est pas traitée.

Thérapies habituelles

Diagnostic
Le diagnostic du syndrome CINCA intervient après évaluation des symptômes et des antécédents du malade. Il est confirmé à l’issue d’une analyse génétique, quoique près de la moitié des patients atteints de ce syndrome ne présentent pas de mutation du gène CIAS1/NLRP3.
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Traitement
Si aucun médicament n’est actuellement indiqué dans le traitement du syndrome CINCA, ce dernier fait souvent l’objet de thérapies anti-inflammatoires, qui incluent des corticoïdes à haute dose, des antirhumatismaux modificateurs de la maladie et des agents biologiques. Ces traitements ont toutefois une efficacité généralement modérée, les inflammations persistant chez la plupart des enfants. Lors d’études cliniques récentes, les inhibiteurs de l’interleukine-1 observés donnaient des premiers résultats encourageants pour traiter les inflammations liées à la maladie, mais ces produits candidats n’ont pas été autorisés par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement du syndrome CINCA.

Thérapies à l’étude

Regeneron Pharmaceuticals a soumis à la FDA une demande de licence pour que son IL-1 Trap (rilonacept) soit autorisé dans le traitement à long terme des syndromes périodiques associés à la cryopyrine. L’IL-1 Trap est un inhibiteur à longue durée d’action de l’interleukine (IL) 1 et deviendra, si cette demande aboutit, le premier médicament indiqué dans le traitement de ces syndromes.

L’anakinra, antagoniste du récepteur de l’IL-1, s’annonce prometteur pour avoir amélioré les symptômes chez plusieurs petits échantillons de malades atteints du syndrome de Muckle-Wells. À l’heure actuelle cependant, il n’est autorisé par la FDA dans le traitement ni du syndrome de Muckle-Wells ni d’aucun autre syndrome périodique associé à la cryopyrine.

Novartis Pharmaceuticals élabore actuellement un anticorps anti IL-1, qui serait efficace pour traiter les syndromes périodiques associés à la cryopyrine.

Les informations relatives aux essais cliniques en cours sont publiées sur le site Internet www.clinicaltrials.gov. Toutes les études financées par les pouvoirs publics américains et certaines de celles soutenues par des fonds privés sont mentionnées sur ce site gouvernemental.

Pour en savoir plus sur les essais cliniques en cours au NIH Clinical Center à Bethesda, dans le Maryland (États-Unis), contacter le Bureau de recrutement des malades (Patient Recruitment Office) :

N° vert : +1 800 411-1222
TTY : +1 866 411-1010
Mél. : [email protected]

Pour en savoir plus sur les essais cliniques financés par des fonds privés :
www.centerwatch.com

Organismes de référence

  • Genetic and Rare Diseases (GARD) Information Center

PO Box 8126
Gaithersburg MD 20898-8126
États-Unis
Tél. : +1 3015193194
N° vert : +1 8882052311
Mél. : [email protected]
Site Internet : www.genome.gov/10000409

  • Madisons Foundation

PO Box 241956
Los Angeles CA 90024
États-Unis
Tél. : +1 3102640826
Mél. : [email protected]
Site Internet : www.madisonsfoundation.org

  • NIH/Office of Rare Diseases

Steve Groft, Pharm.D.
Bethesda MD 20892
États-Unis
Tél. : +1 3014024336
Mél. : [email protected]
Site Internet : www.rarediseases.info.nih.gov/ord/

  • NOMID Alliance, Inc.

P.O. Box 590354
San Francisco CA 94159
États-Unis
Tél. : +1 4158318782
Mél. : [email protected]
Site Internet : www.nomidalliance.net

  • Plateforme maladies rares

Tél. (n° Azur) : 0 810 63 19 20 (au prix d’un appel local)
Mél. : [email protected]
Site Internet : www.plateforme-maladiesrares.org

Bibliographie

1. Caroli, F. et al., « Clinical and Genetic Characterization of Italian Patients Affected by CINCA Syndrome », Rheumatology. 2007 ; 46(3) :473-8. Pub. él., 18 août 2006.

2. Kilcline, C. et al., « Neonatal-Onset Multisystem Inflammatory Disorder », Archives of Dermatology. 2005 ; 141 : 248-253.

3. Goldbach-Mansky, R. et al., « Neonatal-Onset Multisystem Inflammatory Disease Responsive to Interleukin-1ß Inhibition », New England Journal of Medicine. 2006 ; 355(6) : 581-592.

4. Lovell, D. J. et al., « Interleuken-1 Blockade by Anakinra Improves Clinical Symptoms in Patients With Neonatal-Onset Multisystem Inflammatory Disease ». Arthritis & Rheumatism. 2005 ; 52(4) : 1283-1286.

5. NOMID Alliance, site Internet : www.nomidalliance.net/subpage2.html. Dernière consultation : 29 décembre 2006.

Ces informations sont fournies par l’association NORD (National Organization for Rare Disorders) qui vous permet d’y accéder.

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